20 mars 2019

L'énigme Barbara Newhall Follett, enfant prodige disparue mystérieusement à 25 ans

Disparitions en décembre

Il est un cas de disparition inquiétante méconnu en France, celui de la jeune romancière américaine Barbara Newhall Follett. Elle s'évanouit le 7 décembre 1939 à 25 ans de son appartement de Brookline, près de Boston dans le Massachusetts.

En ce début décembre 1939, cette disparition passe malheureusement sous silence aux Etats-Unis. Barbara Newhall Follett était pourtant connue comme une enfant prodige et avait auparavant reçu les critiques élogieuses de la presse new-yorkaise pour ses deux premiers romans. On ne la cherchera pas avant l'année suivante, la faute, en l'espèce, à un signalement à la police tardif et à une annonce de personne disparue encore plus tardive et surtout biaisée.

Une enfant prodige

Barbara Newhall Follett est née le 4 mars 1914 à Hanovre dans le New Hampshire. Fille d'un critique littéraire éditeur et d'une auteure de livres pour enfants, également ancienne institutrice, Barbara Newhall Follett bénéficie de l'école à domicile. Dès l'âge de 4 ans, elle écrit de la poésie. 

A 8 ans elle joue du piano et du violon et passe son temps à explorer les étendues sauvages autour du chalet que louent ses parents lorsqu'ils sont en vacances dans le New Hampshire. La petite fille à l'imagination poétique débordante crée aussi son monde Farksolia avec sa propre histoire, sa faune et son propre langage, le Farksoo. "Farksolia, s'enthousiasmait-elle, était une terre des plus belles, mais "très particulière et étrange à presque tous les égards". Pendant plusieurs années, son imagination s’est focalisée sur cette planète lointaine de son imagination. Elle a parlé de son désir de se rendre à Farksolia et a écrit des poèmes en "Farksoo"."***

Barbara Newhall Follett débute, dans les premiers mois de 1923, l'écriture de son roman La Maison sans fenêtres, utilisant pour cela une petite machine à écrire portable dont elle se servait depuis ses premiers poèmes.
Avec les précieux conseils apportés par son père La Maison sans fenêtres est publié en 1927. "(...) l’histoire concernait (selon la propre description de Barbara) «un enfant qui a fui la solitude pour trouver des compagnons dans les bois, des amis des animaux»."* Le Pr Paul Collins, de l'Université d'Etat de Portland, précise à ce sujet "En fait, c'était une histoire très obsédante. (...) Et il y a une qualité vraiment envoûtante, presque féerique, dans ce travail."**

Son second livre, publié en 1928, s'intitule le Le Voyage du Norman D.[1]. Il est basé sur son expérience durant un voyage en Nouvelle-Ecosse lorsqu'elle a 13 ans, comme membre d'équipage à bord d'une goélette côtière, le Frederick H.


Peu avant la publication de ce second roman, un événement vient troubler à tout jamais la vie de Barbara Newhall Follett. A 41 ans son père laisse le foyer familial pour une jeune femme de 20 ans. L'adolescente de 14 ans est dévastée. Sa mère essaye malgré tout de lui remonter le moral et l'emmène faire un périple à travers les Antilles, afin qu'elles puissent écrire des articles de voyages pour des magazines, mais rien ne se passe comme prévu. Mère et fille se querellent, Barbara fait une dépression nerveuse.
En mai 1929, Barbara Follett et sa mère explorent les îles des mers du Sud et fin août 1929, les deux femmes visitent Honolulu. Puis, lors de leur retour vers le continent à bord d'une goélette, Le Vigilant, la jeune femme, qui a 15 ans, s'entiche du second lieutenant, Ed Anderson. Elle lui trouve toutes sortes de qualités et entretiendra avec lui une correspondance romantique durant un certain temps. Revenues aux États-Unis en septembre 1929, Barbara Newhall Follett et sa mère se posent à Pasadena, en Californie du Sud. Mais leurs relations continuant de se détériorer, mère et fille se séparent pour incompatibilité d'humeur.

Les réalités de l'existence

La maman de Barbara Newhall Follett retourne seule à Honolulu et la jeune romancière reste chez un ami de la famille à Pasadena, lieu qu'elle n'affectionne pas. Elle se retrouve contrainte d'aller à l'école, qu'elle déteste aussi. Elle s'enfuit quelques jours plus tard à San Francisco, finit par être retrouvée et arrêtée par la police, puis placée en cellule, ce qu'elle aime encore moins, mais ici surtout par rapport à l'esthétisme de l'événement. "Tout ce que je demande, c'est d'être laissée seule pour faire ce qui me semble le mieux."*** dira-t-elle, notamment.

Vers la fin de l'année 1929, la Grande Dépression arrive. Le père de Barbara ayant perdu son travail - l'employeur avait peu apprécié le scandale familial - femme et enfants restèrent dès lors financièrement démunis. A 16 ans, l'ambition de Barbara Follett de continuer à écrire doit laisser place à "un travail de rédactrice de synopsis auprès de la Fox Film Corporation"*** qu'elle obtient après avoir suivi des cours accélérés en sténographie et dactylographie d'entreprise.

Quelques temps plus tard, durant l'été 1931, la mère de Barbara loue un chalet pour sa famille à Norwich, dans le Vermont, ville se trouvant pratiquement face à Hanovre où Barbara Follett est née, mais dans l'Etat voisin. A cette occasion elle rencontre Nickerson Rogers, un jeune amateur de plein air et de nature, auprès duquel elle trouve une nouvelle dynamique de vie et de partage "Bien qu'elle ait écrit à une amie qu'elle avait toujours Ed Anderson "au fond de mon esprit--en réserve, pour ainsi dire.""***
Barbara voyage beaucoup avec Nickerson Rogers, notamment en Europe, puis l'épouse à 19 ans, fin 1933. En 1934, elle écrit deux autres livres L'Île perdue et Voyages sans âne, ainsi que de nombreuses lettres.
Tout semble bien se passer dans le couple, mais, au retour d’un voyage effectué seule en novembre 1939, Barbara découvre que son mari lui a été infidèle et devient de nouveau déprimée. Le jeudi 7 décembre, après une dispute avec Nickerson Rogers, Barbara Newhall Follett quitte l'appartement de Brookline, dans la banlieue de Boston, avec seulement quelques dollars en poche et un carnet.

Personne ne l'a jamais revue.

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[1] Prononcer Normandy.
Sources, notamment :
*   Barbara Newhall Follett, Disappearing Child Genius, NPR.org
**  https://the-line-up.com/barbara-newhall-follett
*** http://strangeco.blogspot.com/2018/04/the-girl-from-farksolia-review-of.html
     https://en.wikipedia.org/wiki/Barbara_Newhall_Follett,
     https://www.atlasobscura.com/places/last-known-whereabouts-of-barbara-newhall-follett
     https://www.laphamsquarterly.org/celebrity/vanishing-act
     https://crimereads.com/what-happened-to-barbara-newhall-follett/


14 mars 2019

L'étrange fugue d'Agatha Christie


Les disparitions en décembre



Voici tous les détails de l'étrange disparition de celle qui demeure la reine incontestable du roman policier anglais. (Partie I)

Un départ de Styles bien mystérieux

Au soir du 3 décembre 1926, Agatha Christie monte les escaliers de sa maison de Styles pour embrasser sa fille Rosalind, âgée de sept ans. L'enfant est déjà endormie et ne s'aperçoit pas du départ de sa mère, qui file vers 22h pour une virée nocturne dans la campagne anglaise au volant de sa Morris Cowley.

De Sunningdale où elle réside dans les environs d'Ascot, Agatha Christie descend vers Guilford (Surrey), vers le Sud de l'Angleterre. C'est un jeune gitan qui le lendemain découvre la Morris Cowley enfoncée dans un buisson à Newlands Corner, près de Silent Pool, un étang légendaire d'une étrange immobilité. L'automobile retrouvée n'est pas accidentée à proprement parler, les phares sont encore allumés et à l'intérieur se trouvent des vêtements, une valisette, son sac à mains et ses papiers, dont un permis de conduire.

Selon un article du Surrey Advertiser intitulé Guildford Mystery et publié le 10 décembre 1926, on apprend que le vendredi 3 décembre, Agatha Christie est d'abord allée rendre visite à des amis à Dorking (situé à l'Est de Guilford) à 17h, amis qu'elle a quitté à 18h.
Pour Le Siècle du 9 décembre 1926 le frère du mari de la romancière reçut d'elle une lettre au contenu qu'il jugea sans importance, et dit l'avoir jetée. Il avait néanmoins conservé l'enveloppe, oblitérée le 4 décembre à 9h45 depuis le Sud-Ouest de Londres.


Deux autres lettres ont été laissées par Agatha Christie. Dans Le Journal du 13 décembre 1926 il est écrit "elle laissait en évidence sur une table une note adressée à sa secrétaire, disant qu'elle téléphonerait quand elle serait arrivée à destination." Et plus loin dans le même article "En quittant la maison, la romancière avait laissé à l'adresse de son mari une lettre à ouvrir au moment où son corps serait retrouvé". Les deux premières semblent contradictoires et la troisième, envoyée post accident, a un contenu rapporté par son beau-frère comme banal, mais correctement adressée à son destinataire.

Il est cependant curieux de conserver l'enveloppe d'un courrier présumé sans importance tout en se débarrassant de la lettre !
Il est question également d'une quatrième lettre, envoyée par Agatha Christie aussi le 4 décembre à son autre beau-frère James Watts, le mari de sa soeur, pour l'informer de son intention de visiter un spa dans le Yorkshire. Harrogate étant le plus célèbre spa du comté, elle pensait sans doute que son autre beau-frère comprendrait l'affaire où le dirait aux autorités, ce qu'il n'a pas fait.

Les mystères dans le mystère

Le journal Le Siècle mentionne que la lettre avait été postée "deux heures après le moment où l'auto abandonnée avait été découverte". Le Surrey Advertiser précise pour sa part que la Morris Cowley a été découverte à 8h du matin le samedi "trouvée coincée dans une haie au bord d'un pic de craie couvert de givre".

Plus loin dans l'article du Surrey Advertiser figure le curieux témoignage d'un certain Monsieur Calister : "À la suite de la diffusion de la description de Mme Christie, plusieurs personnes ont rapporté l’avoir vue. M.M.Calister a déclaré qu'une heure avant l'aube le samedi matin, une femme sans chapeau et aux cheveux recouverts de givre était venue vers lui à Newlands Corner et lui avait demandé de mettre sa voiture en marche."

L'homme, en réalité dénommé Mc Allister, s'exécuta et précisa que la femme partit en direction de Clandon. Sur la carte, West Clandon est situé au Nord-Est de Guilford, dans la direction de Kingston-Upon-Thames et du Sud-Ouest de Londres.

Surrey Advertiser

On ignore précisément de quel endroit et par quel moyen Agatha Christie a pu regagner Londres où elle a vraisemblablement pris un train pour rejoindre la ville d'eau dans laquelle on l'a retrouvée 11 jours après son départ : Harrogate, dans le Yorkshire du nord.

Au début des recherches, on s'était demandé si l'auteure du Meurtre de Roger Ackroyd, son dernier roman publié quelques mois plus tôt, était venue poster ou non elle-même la lettre pour son beau-frère à Londres. Il avait été découvert qu'Agatha Christie, après un dîner, avait passé la nuit de mercredi 1er décembre dans son club du sud-ouest de Londres, le Forum Club. "Elle pouvait avoir confié la lettre à quelqu'un" peut-on lire dans Le Siècle du 9 décembre.

On finit au moins par avoir la solution du mystère de la lettre détruite. Selon le site Surrey Live "Au cours de l'enquête il est apparu qu'elle avait en fait écrit au frère de son mari pour lui dire qu'elle se sentait mal et se dirigeait vers un spa à York, mais qu'elle est arrivée à l'hôtel sous le pseudonyme de Theresa Neele, du même nom que la maîtresse de son mari."

Si Agatha Christie se trouvait au petit matin du samedi 4 décembre au volant d'une voiture, de quelle voiture s'agissait-il ? En tout état de cause, Mc Allister dit ultérieurement que l'automobile avait quatre places et non deux comme on avait pu le penser au début. De son côté, après avoir vu une photo de la disparue dans un journal, une habitante d'Albury Heath, un village situé au sud de East Clandon, Mme Kitching, déclara, sans que l'on sache si Agatha Christie était au volant ou à pied, avoir reconnu la célèbre romancière en la femme qui, à la mi-journée, lui ayant souri, s'apprêtait à lui parler et finalement passa son chemin.

Connaîtra-t-on la vérité ?

Il existe une abondante littérature sur la disparition momentanée d'Agatha Christie, sur les importantes recherches qui s'ensuivirent, pour lesquelles Arthur Conan Doyle et Dorothy L.Sayers furent de la partie, sur son apparente amnésie, sur les retrouvailles entre elle et son mari le Colonel Archibald Christie, et surtout sur ses motivations, qui resteront dans le mystère entretenu.

Seul Hercule Poirot, s'il réunissait les personnages, pourrait tenter de découvrir la vérité.

Personne décédée quelques mois plus tôt, en avril 1926 :
- Clarisse Margaret Miller (Boehmer), maman d'Agatha Christie
Personnes vivantes au moment de la disparition :
- La secrétaire, Charlotte Fisher, partie à Londres
- La cuisinière, présumée présente
- Achibald Christie, le mari, présumé absent
- Rosalind, la fillette, présente, présumée informée
- Les amis de Dorking
- Le frère d'Archibal Christie, partiellement informé
- Le directeur de l'Hôtel à Harrogate
- M. McAllister, témoin
- Mme Kitching, présumée témoin
- M. et Mme Watts, beau-frère et soeur d'Agatha Christie
- M ou Mme X. au Club de Londres


Mise à jour le 28/03/19 23:23 Sources : Notamment getsurrey.co.uk, https://www.letemps.ch/culture/decembre-1926-lellipse-dagatha-christie, http://news.bbc.co.uk/local/surrey/hi/people_and_places/history/newsid_9005000/9005502.stm, Wikipédia. Photo : Min An, pexels.com

7 mars 2019

La disparition de Cheryl Grimmer, 3 ans, reste non élucidée. Les poursuites ont été abandonnées


Qu'est devenue la petite Cheryl Grimmer, âgée de trois ans, disparue en quelques secondes le 12 janvier 1970 sur une plage de Wollongong, en Australie, dans le District d'Illawarra, en Nouvelles Galles du Sud ?

Presque 50 ans plus tard, la disparition de Cheryl Grimmer, célèbre en Australie, est toujours un cas non élucidé. Pourtant, rapidement après les faits, la police des Nouvelles-Galles du Sud annonça qu’elle avait établi quatre théories sur l'affaire. Cheryl s'était cachée puis s’était endormie, avait erré dans l’eau de l'océan et s'était trouvée emportée par les courants, était tombée dans un cours d'eau, ou bien avait été enlevée.

Les faits à l'époque de la disparition

Le matin du 12 janvier 1970, la famille Grimmer, originaire de la banlieue de Bristol en Angleterre et émigrée en Australie au printemps 1968, alla à la plage de Fairy Meadow à Illawarra. Etaient présents Carole la maman, Ricki (7 ans), Stephen (5 ans), Paul (4 ans) et Cheryl (3 ans). Le père, qui travaillait pour l'armée australienne, était absent. A 13h30, le ciel se couvrant, la mère des enfants décide qu'il était temps de rentrer à la maison.

Tous les enfants sont allés au bloc de douche ensemble pendant que leur mère remballait leurs affaires. Dix minutes plus tard, Ricki (l'ainé) est revenu vers sa mère pour lui dire que Cheryl refusait de sortir du bloc de douche. Peu après, Carole suivit Ricki jusqu'au bloc de douche et s'aperçut alors que Cheryl avait disparu.

Les témoignages sont minces. Il proviennent de trois enfants, âgés respectivement de 9, 10 et 12 ans au moment des faits. Ces témoins ont affirmé qu'un homme avait été vu, tenant la fillette pour boire à la fontaine à eau, puis s'était enfui en l'emportant dans une serviette de bain. Cependant, le frère de Cheryl, Ricki, s'étant souvenu avoir porté sa sœur pour qu'elle puisse boire à la fontaine, on pense comme probable que les témoins ont mélangé les deux événements.

La police a interrogé trois suspects, sans qu'aucun d'eux n'ait pu être réellement identifié comme l'homme vu par les témoins. L'enquête porte principalement sur un jeune homme, vu dans les environs immédiats du pavillon du club de surf le matin et l'après-midi du 12 janvier.

Moins de 18 mois après la disparition de Cheryl Grimmer, en 1971 cet adolescent âgé de 15 ou 16 ans a avoué avoir enlevé la fillette et l'avoir assassinée. Le jeune homme a donné une version de ce qui s’est passé ce jour-là, décrit un portail tubulaire en acier, un garde de bétail, un chemin et un petit ruisseau près du lieu du meurtre. Il a amené la police à un endroit précis et a affirmé que le corps de Cheryl avait été enterré là, mais finalement les nouvelles constructions sur place ne lui permirent pas d'être totalement certain du lieu.

La police a interrogé le propriétaire de l'endroit, qui a contredit la description du jeune suspect et a déclaré qu'il n'y avait pas de garde de bétail en place au moment du meurtre et qu'il n'y avait jamais eu de porte tubulaire sur sa propriété. Ces incohérences ont finalement conduit la police à conclure que les aveux étaient faux. Il a été considéré par les enquêteurs que sans preuves matérielles mettant l'adolescent directement en rapport avec l’enfant on ne pouvait prendre de mesures à son encontre sur ce cas de disparition.

Réouverture de l'enquête

Dans les années 2000, parmi plusieurs hypothèses la police a émis celle que la fillette disparue pouvait être encore en vie et en liberté, aussi toutes les personnes qui pensaient pouvoir être Cheryl Grimmer ont été encouragées à se manifester. Une caractéristique physique qu'avait la petite fille était d'avoir un nombril protubérant. En 2008, une femme s'est présentée pour un test ADN qui s'est révélé négatif.

Peu de temps après la réouverture de l'enquête en 2011, les parents de Cheryl sont décédés sans savoir ce qui était arrivé à leur petite fille.

En 2016, le dossier été réexaminé et toutes les informations, y compris les déclarations de témoins, ont été informatisées. Cette nouvelle approche a révélé de nouvelles pistes et mis en lumière des informations qui semblaient ne pas avoir été suffisamment approfondies lors de l’enquête initiale, en particulier les aveux de 1971.

La police est revenue sur les lieux où l'adolescent avait déclaré avoir commis le meurtre et a interrogé le fils du propriétaire. Or, contrairement à son père, ce dernier a affirmé que le gardien du bétail était "certainement" en place à l'époque et qu'il se souvenait également d'une porte tubulaire ouvrant sur un chemin menant vers un ruisseau dans la propriété.

Fin 2016, la police reprenait les trois témoignages se souvenant d'un adolescent en maraude autour des blocs de douches et qu'un homme, qui serait maintenant âgé d'une soixantaine d'années, avait été vu avec un enfant blond au moment de la disparition de Cheryl Grimmer.

De nouveaux développements en 2017

Quarante sept ans après l'enlèvement de la petite fille et sans espoir de retrouver d'éventuels restes de Cheryl dans une zone s'étant fortement urbanisée, la police continue pourtant ses investigations. En janvier 2017, après avoir eu écho que d'anciens employés pourraient apporter de nouveaux éléments à l'enquête, les enquêteurs prennent contact avec une école de redressement dans laquelle un suspect aurait été scolarisé au début des années 1970. Le 22 mars, un homme est arrêté dans la banlieue de Melbourne, inculpé pour l'enlèvement et le meurtre de Cheryl puis incarcéré. En avril la police cherchait à retrouver la trace d'une famille qui avait fait un témoignage le jour de l'enlèvement.

Coup de théâtre en mai 2017. La police révèle que le suspect arrêté en mars, un homme maintenant âgé de 63 ans, était en fait le jeune homme qui avait avoué l'enlèvement et le meurtre de Cheryl en 1971 ! Son premier procès a lieu en avril 2018. Le nom de l'accusé, qui plaide non coupable, n'a pas été révélé car il était mineur au moment des faits.

Dans sa déclaration initiale de 1971, l'homme paraissait mentalement dérangé. Il avait déclaré avoir dit à des médecins en 1970 qu'il "avait besoin de se suicider et de tuer d'autres personnes" et lors de son procès, l'accusation repose en grande partie sur ses aveux de 1971. Ainsi, le suspect avait affirmé s'être caché avec l'enfant dans une canalisation d'égout pendant environ 35 minutes, la bâillonnant avec un mouchoir et lui attachant les mains derrière le dos avec un lacet avant de l'emmener à l'endroit où, selon ses dires, la petite fille aurait commencé à crier dès qu'il a retiré le baillon.

Le suspect aurait alors mis la main à la gorge de Cheryl Grimmer, lui disant de se taire, en serrant manifestement trop fort. Pris de panique, il lui aurait retiré ses vêtements, et mis «des arbustes et de la terre» sur son corps avant de retourner à Fairy Meadow Beach, laissant seulement sur place comme "pièces" les lacets.

Le second procès devait se dérouler devant le même tribunal en mai 2019, mais à la mi-février le juge de la Cour suprême de Nouvelles Galles du Sud a déclaré la preuve irrecevable et a donc abandonné les poursuites contre le suspect. Il a été jugé que l'interrogatoire ne pouvait être apporté comme preuve et le ministère public indiquait que ce cas ne pouvait pas être jugé en l'absence de preuve. Le juge a déclaré que cet interrogatoire de 1971 ne devait pas être versé au dossier en raison des "circonstances particulières de l'affaire". Des circonstances principalement liées à la manière dont il avait été mené et à la vulnérabilité particulière de l'accusé à l'époque.

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Réalisé d'après les informations de la page Wikipédia en Anglais de l'Affaire et de plusieurs articles de presse ayant servi à la réalisation de cette page. https://www.theguardian.com/australia-news/2018/apr/04/cheryl-grimmers-accused-killer-intended-to-her-first-court-told, https://www.smh.com.au/national/nsw/cheryl-grimmer-man-arrested-over-1970-cold-case-murder-of-illawarra-toddler-20170322-gv4aij.html, https://www.smh.com.au/national/nsw/alleged-confession-of-cheryl-grimmer-s-accused-killer-aired-in-court-for-first-time-20180404-p4z7q6.html, https://www.bbc.co.uk/news/uk-38219550, https://www.telegraph.co.uk/news/2019/02/15/cheryl-grimmer-case-trial-man-accused-murdering-toddler-stopped/ - photo : recadrage photo sur australianmissingpersonsregister.com

2 mars 2019

Disparition de Bo John Jones : Retrouvé vivant mais le mystère demeure


L'actualité est malheureusement trop riche de ces disparitions d'étudiant(e)s, de jeunes gens qui s'évaporent, souvent à la sortie d'une fête trop arrosée, et dont on retrouve les corps quelques jours après (quand on les retrouve), noyés dans une rivière, un lac, ou tués dans une sombre ruelle. Les épisodes de séries télé ou de téléfilms américains sont pleins de ces cas dont le scénario diffère à peine.
Mais le mystère peut parfois être encore plus grand, quand, après quelques jours de recherches, sans explication, on en retrouve un ou une, vivant.

C'est le cas de Bo John Jones, un jeune âgé de 22 ans, étudiant doctorant en génie de recherche opérationnelle à l'University of Southern California.

Bo John Jones avait disparu après avoir été aperçu pour la dernière fois par son colocataire le dimanche 8 juillet 2018 vers 16h30 dans son appartement du centre-ville de Los Angeles. Et sur les caméras de vidéosurveillance on le voyait sortir du complexe immobilier à 17h. Il n'est pas rentré chez lui le dimanche soir et depuis, plus de nouvelles du jeune homme.

Selon ABCNews, la semaine suivante, le vendredi 13 juillet, on le retrouve dans un hôpital après qu'une personne travaillant sur place ait vu un reportage télévisé au sujet de sa disparition. Le jeune homme, qui n'avait sur lui aucun moyen pour l'identifier, avait été amené à cet hôpital, situé à environ cinq miles de son domicile, le mardi 10 vers 22 heures.

Pourquoi est-il parti avec seulement son téléphone ?

Arrivé à Los Angeles peu de temps après la disparition de son fils, le père de Bo John Jones, selon CBSLocal, indiquait que le portefeuille, les clés de la voiture de son fils avaient été laissés dans son appartement. Le jeune homme est parti de chez lui avec seulement son téléphone portable et l'appareil, resté fermé, avait d'ailleurs été retrouvé par une femme sur l'un des terrains de jeu du MacArthur Park, situé près de son domicile.

Après coup, la direction de l'hôpital n'avait pu expliquer pourquoi il avait été transporté en ambulance vers l'établissement, mais déclarait qu'il était dans un état stable. Les circonstances de la disparition temporaire de Bo John Jones, ce qui lui est arrivé précisément (est-il allé dans ce parc ou lui a-t-on volé son téléphone pour l'abandonner car fermé ?) ainsi que l'endroit où il a été retrouvé n'ont pas été révélés. Ce qui a posteriori ne peut donner aucune indication pour les cas similaires.


(Photo sélectionnée parmi celles diffusées lors de sa disparition, avec masque ajouté)

Retour sur la disparition d'Anaïs Guillaume

Les ossements retrouvés dans un champ appartenant à l'exploitant agricole avec qui Anaïs Guillaume avait noué une tumultueuse relatio...