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08 janvier 2026

Le Mystère Marilyn Bergeron - Que lui est-il arrivé ?

 

Marilyn Bergeron est partie sans laisser de trace. Juste avant de disparaître, ses parents l'ont aidée à vider l'appartement de Montréal où elle habitait, pour qu'elle puisse revenir vivre chez eux, à Québec. Et, quelques heures à peine après son retour, elle leur dit qu'elle partait "se promener" et ils ne l'ont pas revue depuis.

Venus du Nord-Est du Québec, les parents de Marilyn Bergeron déménagent en 1998 pour venir vivre dans le quartier Loretteville de La Haute-Saint-Charles, avec leur fille, alors adolescente. Née en 1983, Marilyn est devenue ensuite une jeune femme ouverte et attirée par toutes les cultures et toutes les nationalités. Elle montre aussi un vif intérêt pour la musique et les langues.

Marilyn Bergeron habitait Montréal depuis trois ans

Après avoir obtenu un diplôme en Arts et Technologies des Médias dans un collège public situé à 200 km au nord de Québec City, Marilyn Bergeron suit des cours dans un campus non loin de Montréal. Elle poursuit également une formation en finance à l'Industrielle Alliance, une importante compagnie d'assurances canadienne. En 2005, à 21 ans, la jeune femme s'installe dans un appartement du quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Et afin de pouvoir vivre et de payer ses études, elle travaille comme assistante commerciale dans un magasin de musique à Montréal et effectue des travaux de montage sonore en freelance pour des chaînes de télévision locales.

En dehors du français, sa langue maternelle, Marilyn parle couramment l'anglais, un peu d'espagnol et commençe à apprendre le russe. Son ambition étant de devenir hôtesse de l'air et de déménager quelques années plus tard dans l'Ouest canadien, elle reste à Montréal.

Un changement soudain

On sait qu'au début du mois de février 2008, Marilyn Bergeron n'allait pas bien depuis environ deux mois. Et puis, courant février, elle décide soudainement de revenir vivre chez ses parents en banlieue de Québec. Le dimanche 10 février, c'est une jeune femme inquiète qui appelle sa mère au téléphone pour lui dire qu'elle rentre à Loretteville, sans vraiment lui donner d'explication. Elle lui promet tout au plus de lui dire plus tard ce qui se passe et la raison de son retour. A Québec, la maman retrouve sa fille bouleversée. Elle qui se confiait beaucoup auparavant était devenue silencieuse entre les sanglots. Elle semblait ne plus se sentir en sécurité à Montréal.

Le vendredi 15 février, accompagnée de ses parents, Marilyn Bergeron revient dans son appartement à Montréal pour emballer ses affaires, et passe ensuite la soirée avec des amis. Le samedi 16 février, la jeune femme et ses parents terminent le déménagement et retournent à Québec. Le lendemain, dimanche 17 février, il est autour de 11h15 quand Marilyn dit à ses parents qu'elle va se promener. 

Habillée d'un long manteau noir bordé de fausse fourrure grise et chaussée de bottes en daim, elle prend son sac à dos noir en bandoulière et quitte la maison en emportant seulement sa carte de crédit, laissant ses papiers d'identité. Peu après, la jeune femme s'arrête dans Loretteville à un distributeur automatique de la Caisse populaire, boulevard de l'Ormière, pour tenter de retirer 60 dollars canadiens, sans succès.

Les images prises au moment par la caméra de sécurité montrent qu'elle est inquiète. Elle semble guetter quelque chose ou quelqu'un en dehors du sas durant sa demande de retrait d'argent. On la voit regarder derrière elle à plusieurs reprises.

Dans l'après-midi du dimanche 17 février 2008, Marilyn se trouve sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à plus de 20 kilomètres au sud de la maison de ses parents. Dans le centre commercial de Saint-Romuald, proche d'échangeurs autoroutiers, elle commande une tasse de café au Café Dépôt. Elle paye avec sa carte de crédit à 16h03. L'employé déclarera que la jeune femme qu'il avait servie semblait déprimée et impatiente de partir. La carte de crédit de Marilyn Bergeron n'a pas été utilisée depuis.

Développements ultérieurs

En novembre 2017, pratiquement dix ans après la disparition, un ami d'université qui était allé voir Marilyn début décembre 2007 a pris la parole lors d'une conférence de presse organisée par les parents de la disparue. Le 10 décembre 2007, il reprend contact avec Marilyn à Montréal et vient chez elle. Le jeune homme constate alors qu'elle n'est plus la même. La jeune femme joyeuse et optimiste qu'il avait connu a laissé place à une fille abattue écoutant de la musique dans le noir.

Ils sortent ensemble pour se rendre à une fête et l'humeur de Marilyn s'améliore quelque peu. Pourtant, après avoir parlé à l'une de ses amies, la jeune femme redevient soudainement anxieuse. La conversation a-t-elle ravivé un souvenir désagréable ? En tout état de cause, elle demande au garçon pour rentrer chez elle. Et lorsqu'ils sont de retour à l'appartement, les choses ne s'arrangent pas, l'humeur de Marilyn se détériore et elle se met à pleurer, pleurer. Le jeune homme ne sait que faire.

Finalement, il lui demande si elle a été violée ou bien si elle a été le témoin d'un meurtre mais elle nie catégoriquement cela. Marilyn lui dit qu'il s'agit de quelque chose de pire, tout en refusant de préciser quoi. Le jeune homme insiste durant plusieurs heures. « Tu ne peux même pas imaginer ce que j'ai vécu, Jo », lui dit finalement Marylin. Elle ne sera pas plus loquace quelques semaines plus tard avec ses parents, qui récupèrent une fille triste et renfermée sur elle-même. La maman retrouve sa fille épuisée et pleurant beaucoup, affirmant ne pas vouloir retourner à Montréal sans vouloir dire pourquoi.

A-t-elle assisté ou participé à quelque chose ?  Elle dit que non. Avait-elle été imprudente ? Etait-elle enceinte ? Des amis douteux auraient-ils eu une mauvaise influence sur elle ? Elle est partie sans révéler son secret.

Les derniers éléments

Dix mois après la disparition de Marilyn Bergeron, par une nuit froide et pluvieuse de décembre 2009, un couple est réveillé à 2 heures du matin par des coups frappés à la porte. Il réside à Hawkesbury dans l'Ontario, une ville située juste en face de la province de Québec, de l'autre côté de la rivière (ndr. en direction de l'Ouest canadien). L'homme ouvre et découvre une jeune femme en pleurs et qui grelotte. Vêtue uniquement d'une veste légère, d'un t-shirt blanc, d'un jean et de talons hauts, des vêtements inadaptés à la saison, elle était teinte en blonde. Cependant on dispose de photos montrant Marilyn Bergeron avec différentes coiffures. La jeune femme leur demande simplement pour utiliser leur téléphone afin d'appeler quelqu'un dans cette ville. Le couple lui donne une serviette pour se sècher, elle arrête de pleurer et passe son appel, sans obtenir de réponse. La jeune femme demande ensuite son chemin pour se rendre à une adresse dans une rue voisine et, bien que l'homme lui propose de l'y conduire, elle refuse, disant qu'elle va s'y rendre à pied. En tout et pour tout, elle sera restée 10 à 15 minutes.

Quelques jours plus tard, en janvier 2010, un enquêteur privé s'intéressant à l'affaire est contacté par un homme affirmant avoir vu Marilyn au cours de l'année 2009. Il déclare l'avoir vue régulièrement à Hawkesbury. Pour lui, Marilyn s'était installée dans la ville avec un homme plus jeune qu'elle et aurait plusieurs fois déménagé. Après que l'enquêteur privé ait montré sa photo à des clients réguliers d'un restaurant du centre-ville, plusieurs ont à leur tour déclaré l'avoir aperçue, en compagnie d'un homme.

L'autoroute passant près du Café Dépot mène à Montréal et vers Hawkesbury
 

Bien que située dans la province anglophone de l'Ontario, un recensement de 2006 montre le français comme étant la langue maternelle de 77 % de la population de Hawkesbury, il s'agit au moment la proportion la plus élevée au Canada.

Marilyn Bergeron aurait-elle souhaité échapper à une situation ou à une emprise ? Aurait-elle surtout voulu quitter son appartement sans pour autant renoncer à son envie d'aller dans l'ouest canadien ? Après avoir bu son café au Café Dépot, se dessinerait le scénario d'une jeune femme retournant vers Montréal, et au delà.

Photo : Ext. du flyer

Sources (notamment) : https://en.wikipedia.org/wiki/Disappearance_of_Marilyn_Bergeron,
https://web.archive.org/web/20180208124005/http://journalmetro.com/actualites/national/1091324/marilyn-bergeron-recompense-portee-a-30-000/,
https://web.archive.org/web/20180208004505/https://www.ctvnews.ca/canada/quebec-woman-missing-since-2008-reports-of-43-possible-sightings-since-february-1.3672525,
https://web.archive.org/web/20180209122246/https://www.lesoleil.com/archives/disparition-de-marilyn-bergeron-recherches-vaines-a-hawkesbury-a89127a38010395f72ef72e200e68781, https://web.archive.org/web/20180208004550/http://findmarilyn.charbonnel-bergeron.com/en/facts/, https://www.journaldemontreal.com/2022/10/28/la-famille-de-marilyn-bergeron-rencontre-les-medias-1

12 novembre 2020

La disparition d'Ambrose Small à Toronto, une enquête pour William Murdoch ?


Ambrose Joseph Small, un magnat du théâtre canadien, a disparu le 2 décembre 1919 à l'âge de 53 ans. Il était le propriétaire de plusieurs théâtres basés dans l'Ontario, notamment du Grand Opera House de Toronto, du Grand Opera House de Kingston et du Grand Theatre de London. L'affaire a fait grand bruit, durant de nombreuses années, Ambrose Small ayant disparu après qu'il ait vendu ses théâtres et déposé un million de dollars canadiens à la banque.

Si l'on en croit un article publié par le magazine Maclean's le 15 janvier 1951, la recherche durant 30 ans du corps d'Ambrose Small est devenue une plaisanterie domestique au Canada. Huit gros volumes de coupures de presse se trouvent dans les archives d'un journal de Toronto et, devant la récurrence des articles sur le sujet au fil des années, lorsque quelqu'un creusait un trou très profond dans son jardin ou dans l'espace public les canadiens finissaient par demander "Vous cherchez Ambrose Small ?".

Cette disparition est si mystérieuse qu'elle pourrait figurer dans un épisode de la série télévisée canadienne Les Enquêtes de Murdoch (The Murdoch Mysteries), pour peu que les saisons continuent après la 13ème, dont le dernier épisode Le règlement à la lettre (The Future is Unwritten) se déroule à Toronto en 1907.

Le disparu est connu pour être marié depuis une quinzaine d'années, sans enfant, joueur et coureur de jupons. Il est plutôt rude avec ses employés. A la fin de l'année 1919, il décide de vendre ses théâtres.

Les faits

La veille de sa disparition, le 1er décembre 1919, l'homme d'affaires Ambrose Small avait vendu tous ses avoirs relatifs au Théâtre à Trans-Canada Theatres Ltd. pour un montant de 1,7 million de dollars canadiens. "La transaction a été conclue dans les cabinets d'avocats Osler et Harcourt en présence de l'ami et avocat de Small, E. W. M. Flock ; de Mrs Small ; et de W. J. Shaughnessy, représentant TransCanada Theatres. Shaughnessy avait apporté de Montréal un chèque certifié pour le versement initial d'un million de dollars."

Le matin du mardi 2 décembre, Ambrose Small et sa femme Theresa* quittent leur maison du quartier Rosedale à Toronto à des heures différentes. On ignore où il se rend ce matin-là. Sa femme et lui ont rendez-vous, probablement dans l'heure du midi, au Grand Opera House, dans le centre-ville de Toronto, afin de régler quelques détails restants avec E.W.M. Flock et aller ensuite déposer le chèque de un million de dollars à la banque.

Flock arrive le premier, Theresa Small en second. Les deux attendent Ambrose Small dans le hall jusqu'à ce qu'il arrive vers 14 heures en sifflotant.
Puis "Small et sa femme ont quitté Flock, se sont rendus à la Banque Dominion au coin des rues King et Yonge, sont revenus au Grand et ont rejoint Flock pour le déjeuner dans un salon de thé attenant au théâtre."

Après le déjeuner, Ambrose Small dépose sa femme dans un orphelinat catholique de Bond Street, où elle fait du bénévolat. Il lui dit qu'il sera de retour à 18 heures, pour le dîner. À 17 heures, l'homme d'affaires a une réunion de dernière minute avec Flock au Grand. L'avocat le quitte à 17h30.

En fin d'après-midi ou la nuit suivante, le millionnaire a disparu de son bureau. Aucune personne parmi celles interrogées par la police n'a affirmé l'avoir vu quitter son bureau ou aperçu dans le quartier des rues Adelaide et Yonge à l'extérieur de l'immeuble. Officiellement, Flock est la dernière personne à avoir vu Ambrose Small.

De son côté Theresa Small est rentrée à la maison de Rosedale vers 17 heures. Comme son mari ne s'est pas manifesté pour le dîner, elle a essayé de joindre les personnes avec lesquelles il travaillait. Ambrose Small étant souvent absent de chez lui pour ses affaires ou pour aller voir sa maîtresse du moment, et comme il ne prévenait pas de son absence, personne n'était donc particulièrement inquiet. Cette situation s'est avérée être une circonstance malheureuse dans l'affaire Small, la disparition du millionnaire a ainsi été ignorée pendant deux semaines.

"Le 16 décembre 1919, la police fut avertie par James Cowan, directeur du Grand. Il n'a jamais été établi avec certitude si Cowan avait téléphoné à la police à la demande de Mme Small ou de sa propre initiative."
Small n'avait aucun sérieux motif pour disparaître. Propriétaire à 53 ans de plusieurs théâtres situés dans sept villes de l'Ontario et contrôleur d'un réseau de 62 autres établissements, il était riche, aimait séduire les femmes et n'aurait pas été en possession d'une grosse somme d'argent sur lui.

(à suivre)

* ou Teresa

(Sources : en.wikipedia.org, archive.macleans.ca [citations], murdochmysteries.fandom.com)

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