24 mai 2018

Enfants disparus : Les disparitions par jour de semaine


Le 25 mai est la Journée Internationale des enfants disparus. Et bien que chaque personne ayant encore ses parents demeure toujours l'enfant de ces derniers [on sait d'ailleurs que les recherches d'adultes disparus ne sont pas plus faciles pour les familles que celles de mineurs, au contraire], cette journée est plutôt dédiée aux jeunes enfants. Le site 25mai.fr rappelle que c'est le 25 mai 1979, un vendredi donc, qu'a été enlevé à New York Etan Patz, âgé de 6 ans, et que ce jour a été choisi en 1983 aux Etats-Unis comme "Jour des enfants disparus".

En 2018 le 24 mai étant un jeudi, le 25 tombe aussi un vendredi. Question : Y a-t-il dans la semaine un jour avec plus de risque de disparition d'enfant ? Difficile de le dire sans statistiques poussées. En France, les années 80 ont beaucoup marqué les esprits et le département de l'Isère aussi. Et il y a les cas fortement médiatisés et ceux qui le sont moins. Néanmoins, en zone urbaine, sur le long terme le jeudi semble curieusement revenir plus souvent.

Voici une liste non exhaustive de disparitions d'enfants âgés de 3 à...21 ans. Ce dernier étant cité comme un cas par coïncidence de date (sauf l'année).

Disparu un mardi

- Yannis Moré, un petit garçon de 3 ans et demi, a disparu de Ganagobie le mardi 2 mai 1989.

Disparus un mercredi

- Charazed Bendouiou, 10 ans, a disparu le mercredi 8 mai 1987 à Bourgoin-Jailleu.
- Nathalie Boyer a 15 ans lorsqu'elle disparaît en Isère le mercredi 3 août 1988.
- Mathieu Broutin (17 ans) disparaît à Embrun en Hautes-Alpes le mercredi 31 mars 2004.

Disparus un jeudi

- Le jeudi 3 février 1977, Yves Bert, 6 ans, n'est pas au rendez-vous à la sortie de son école à Lyon.
- Ludovic Janvier, six ans, est enlevé dans la banlieue de Grenoble le jeudi 17 mars 1983.
- Anissa Ouadi, âgée de cinq ans, disparaît le jeudi 27 juin 1985 à Grenoble.
- Disparue le jeudi 21 décembre 1995, Aurore Pinçon, âgée de 14 ans, a quitté le domicile familial à Guérande, à vélo.
- Jeudi 14 novembre 1996, Marion Wagon, 10 ans, disparaissait à Agen.
- Dans le Val-d'Oise, Cédric Vallois (21 ans) disparaît à la sortie de l'hôpital le jeudi 11 septembre 1997.
- Estelle Mouzin disparaît à Guermantes le jeudi 9 janvier 2003.
- Âgée de presque 4 ans, Madeleine McCann a disparu le jeudi 3 mai 2007 au Portugal.
- Antoine Brugerolle, 6 ans, a disparu à Issoire le jeudi 11 septembre 2008.
- Une fillette de 7 ans est abordée par le "prédateur des Hautes-Alpes" le jeudi 17 avril 2014.

Disparus un vendredi

- Fabrice Ladoux, 12 ans, avait disparu à Grenoble le vendredi 13 janvier 1989.
- Stéphane Hirson, 17 ans, disparaissait le vendredi 11 février 1994 à Lagny-Sur-Marne.
- Vendredi 19 juillet 1996, Léo Balley, 6 ans, a disparu dans le Massif du Taillefer, en Isère.

Disparus un samedi

- Nathalie Mazot, 13 ans et demi, disparaît à Bron le samedi 6 novembre 1982.
- Mathieu Haulbert, âgé de 10 ans, a disparu près de Castellane le samedi 25 juin 1983.
- Grégory Dubrulle, 7 ans, avait disparu à Grenoble le samedi 9 juillet 1983.
- Jérôme Cantet a 10 ans quand il disparaît au Centre Commercial de La Défense le samedi 14 décembre 1991.

Disparus un dimanche

- Le premier des "disparus de l'Isère", Philippe Pignot (13 ans) n'est pas réapparu depuis le dimanche 25 mai 1980.
- Céline Vallin, une jeune fille de 18 ans, s'est volatilisée en Savoie le dimanche 8 juin 1997.

Il y a sûrement des oublis. On peut citer le cas de Romain Lannuzel, un étudiant breton âgé de 20 ans qui a disparu à Barcelone le mardi 13 novembre 2007. La petite Maddie étant un cas de disparition sans lien avec la France mais néanmoins listé ici.

(photo : Pexels.com)

22 mars 2018

Mikelle Biggs,11 ans, disparue devant chez elle en 1999


Mikelle Biggs, 11 ans, aînée de quatre enfants d'une famille de Mesa, ville située à l'Est de Phoenix en Arizona, jouait de la clarinette et voulait devenir plus tard animatrice chez Disney. Elle a disparu devant chez elle le 2 janvier 1999. Le drame, vieux de plus de 19 ans, s'est déroulé pratiquement sous les yeux de sa soeur Kimber, alors âgée de 9 ans.

Mikelle avait passé la nuit précédant sa disparition (ndr. celle du 1er au 2 janvier) au domicile d'un camarade. Puis elle était rentrée chez ses parents. Kimber se rappelle le jour où sa soeur a disparu "Nous avons passé la journée à jouer dehors. Elle roulait avec mon nouveau vélo que j'avais acheté pour mon anniversaire".

Kimber indique que pendant qu'elle pédalait dans la zone d'habitations proches, Mikelle a entendu la musique du camion de crème glacée arrivant dans le périmètre et qu'elle est allée demander de l'argent à leur mère. Ensuite les deux filles attendaient que le camion de crème glacée arrive dans la rue quand le ciel s'assombrit. Kimber décida de rentrer à l'intérieur de la maison pour prendre une veste et retourna rapidement dehors afin que Mikelle fasse de même. 90 secondes se sont écoulées.

Kimber se souvient "Le soleil se couchait. C'était légèrement brumeux. Les réverbères s'allumaient et mon vélo flambant neuf était sur la route avec la roue en train de tourner, j'ai la chair de poule juste en train d'y penser". Les deux pièces de monnaie pour les friandises étaient tombées au sol. Kimber Biggs appelle sa soeur, puis se rend chez un voisin mais ne trouve nulle part trace de Mikelle. Depuis, elle reste persuadée que son ravisseur se trouvait à proximité d'elle et qu'il l'a même entendu crier.

Depuis lors, aucune des pistes suivies par les enquêteurs n'a permis de déterminer où se trouvait Mikelle et le ministère considère maintenant la disparition de Mikelle Biggs comme un Cold Case. L'affaire suscite un nouvel intérêt du public depuis la mi-mars 2018 suite à la découverte d'un billet de 1 Dollar comportant la mention manuscrite "Mon nom est Mikel (sic) Biggs, enlevée à Mesa AZ, je suis vivante" (My name is Mikel (sic) Biggs kidnapped From Mesa AZ I'm Alive."). Cependant les enquêteurs et la propre soeur de Mikelle, Kimber, pensent qu'il s'agit d'un faux.

(Sources : azfamily.com, washingtonpost.com, azcentral.com, dcourier.com)
Image : Copie d'écran vidéo azfamilycom. Lien pour la vidéo (En Anglais) : http://www.azfamily.com/clip/14030472/video-mikelle-biggs-vanished-19-years-ago 

16 mars 2018

Affaire Maëlys : Mystère sur l'enlèvement et la période antérieure



Rebondissements, imbroglios et démentis ont ponctué durant plus de six mois l'Affaire Maëlys. On sait finalement peu de choses sur la disparition de la fillette, venue participer, en compagnie de ses parents et de sa soeur aînée, à une fête familiale à Pont-de-Beauvoisin.


Lors de la triste découverte du 14 février, le Procureur de la République (de Grenoble) a indiqué ne pas vouloir revenir sur l'horaire de 2h45 comme étant celui de l'enlèvement de Maëlys, cette petite fille de presque 9 ans disparue fin août 2017 au cours d'une fête de mariage à Pont-de-Beauvoisin dans l'Isère. Il s'agirait d'un enlèvement éclair. On ignore à quelle heure le suspect serait parti de la salle. Et même ce qu'il faisait avant. On nous dit qu'à 2h45 précises, Maëlys aurait été enlevée. On ignore aussi ce que faisait la fillette avant cet enlèvement.

Souvenons-nous que certains témoins disant avoir vu Maëlys autour de 3h15 ne précisaient pas où elle se trouvait à ce moment-là. Un cousin de l'enfant avait dit qu'elle était dans la salle alors qu'il partait. Sa compagne confirmait l'heure de 3h15/3h20 et indiquait avoir elle aussi vu Maëlys. L'horaire avait été fixé selon le souvenir qu'elle avait de l'horloge en arrivant à leur domicile. Puis courant janvier ce cousin a apporté une modification à ses déclarations. Reprise par l'ensemble de la presse. Il n'était plus question de 3h15 mais d'une fourchette entre 2h45 et 3 heures du matin. Il indiquait que la mariée se trouvait à l'entrée de la salle. On imagine qu'elle saluait les invités quittant la fête.
Des cas de fillettes de 9-10 ans disparues
Lorsque Marion Wagon disparaît à Agen le 14 novembre 1996 entre 12h11 et 12h16 elle se trouve sur le trajet de retour de son école à son domicile. Estelle Mouzin disparaît à Guermantes le 9 janvier 2003, aussi sur le trajet de retour de son école vers son domicile, ceci peu après 18h15 ou entre 18h15 et 19h30. A Bièvres, le 27 juin 1987 dans l'après-midi, Sabine Dumont part seule à pied pour acheter un tube de peinture blanche à la librairie du centre ville. Le 5 mai 1987 vers 15h30, à Neuilly-sur-Marne, Virginie Delmas sort de l'appartement de ses parents pour aller sur l'esplanade au bas de l'immeuble. Elle est enlevée avant d'avoir rejoint ses copines.
Quant à Hemma Davy-Greedharry, le 30 mai 1987, vers 15h15 elle se rend seule depuis son domicile de Malakoff dans une librairie pour s'acheter une équerre avant d'être enlevée sur le chemin du retour, sur le Boulevard de Stalingrad. Plus près de Pont-de-Beauvoisin, le 8 juillet 1987, Charazed Bendouiou sort de son HLM de Bourgoin-Jallieu sans sa soeur ainée. Elle en profite pour descendre la poubelle au bas de l'immeuble. Personne depuis lors n'a revu la fillette. Quant à Saïda Berch, elle disparaît à Voreppe, le 24 novembre 1996 entre son domicile et le gymnase voisin.
La petite Perrine Vigneron n'a que 7 ans lorsque, le mercredi 3 juin 1987, aux environs de 16 heures, elle se rend seule à pied à son cours de poterie, distant de quelques centaines de mètres de son domicile à Bouleurs. Elle est enlevée en chemin. Quant à la petite britannique Madeleine McCann, âgée de presque 4 ans, sa disparition au Portugal le 3 mai 2007 entre 21h et 22 heures est régulièrement évoquée dans des reportages télévisés.
Où se trouvait Maëlys et que faisait-elle ? 
Dans toutes ces affaires d'enlèvements de fillettes, les proches (parents et/ou frères et soeurs) ont indiqué aussi précisément que possible ce que faisait leur enfant dans le laps de temps précédant sa disparition. Et à défaut d'avoir une heure toujours précise de l'évènement on sait, ou le trajet, ou le lieu de l'enlèvement. Pour l'Affaire Maëlys, c'est l'inverse, on dispose d'une heure très précise de l'enlèvement, mais on ignore, pour le moment, où se trouvait la petite fille et surtout ce qu'elle faisait. Si par exemple, elle jouait en compagnie d'autres enfants.
Non seulement on ignore ce que faisait Maëlys avant et au moment de son enlèvement (était-elle dans la salle, était-elle dehors ?) mais le plus curieux c'est que seul l'avocat du suspect a tenté d'apporter des éléments en ce sens. Sans doute les témoignages des convives peuvent-ils être fragiles pour donner, dans une fête de mariage, de horaires précis, seulement peuvent-ils l'être aussi pour les lieux ? En considérant 2h45 comme l'heure à laquelle Maëlys se serait "évaporée", ne serait-il pas judicieux de connaître son emploi du temps, ainsi que celui du suspect, à minima pour le quart d'heure précédent sa disparition ?
D'autant qu'en rejetant une disparition à une heure plus avancée dans la nuit (3h-3h30 du matin), on se retrouve de facto plus tôt ce dimanche matin, au sein d'une fête familiale comportant des invités plus nombreux. Dès lors, n'y avait-il personne aux abords de la salle polyvalente pour apercevoir quelque chose de...suspect ?

(Sources : Mieux disant, Wikipedia, divers sites consultés. Photo : Pexels.com)
V2. Initialement publié à 16h22 sur Mieux disant puis dépublié par la modération du Nouvel Obs.

9 février 2018

Kyron Horman : Une disparition non élucidée depuis 2010



Le petit Kyron Horman a disparu dans des circonstances mystérieuses le 4 juin 2010. Il était accompagné, il était dans son école, il y a été photographié et les faits se sont déroulés en première partie de la matinée. Le mystère est total.

Kyron Horman, est un garçon âgé de 7 ans. Le 4 juin 2010 il est amené peu après 8 heures du matin à l'école élémentaire Skyline située à Portland dans l'Orégon par sa belle-mère, Terri Horman. Comme d'autres enfants, Kyron présente un projet à une expo-sciences et sa belle-mère reste alors avec lui le temps de la présentation. La présidente de l'école les voit ensemble devant le mini-stand de Kyron à 8h15.

Selon Terri Horman, après cette présentation l'enfant rejoint son premier cours de la journée. Elle le voit s'éloigner quand il marche dans le couloir de l'école pour rejoindre sa classe et c'est la dernière image qu'elle aura de lui. La femme déclare qu'elle a quitté l'école peu après, vers 8h45. Cependant, l'enfant n'a pas été vu à 10 heures à son premier cours, ce jour-là un cours de maths. Et ses professeurs l'ont marqué absent pour la journée. Kyron Horman n'a jamais été revu depuis ce matin du 4 juin 2010.

Terri Horman déclare à la police qu'après 8h45 elle a fait des courses dans une épicerie locale, ceci jusqu'à environ 10h10. Elle dit qu'elle a roulé ensuite jusqu'à 11h39 autour de la ville avec sa voiture dans une tentative pour apaiser le mal d'oreille de sa petite fille grâce aux mouvements du véhicule. Elle dit être allée ensuite à un gymnase local ou elle a travaillé jusqu'à environ 12h40. A 13h21, elle était revenue à son domicile et avait posté sur Facebook des photos de Kyron prises plus tôt à la fête scientifique.

À 15 h 30, Terri Horman et son mari Kaine se sont rendus à l'arrêt du bus scolaire avec leur petite fille pour attendre Kyron. Le chauffeur du bus les a informés que Kyron n'était pas monté dans le bus après l'école. Inquiets, ils ont demandé au chauffeur d'appeler l'école Skyline pour savoir où se trouvait le garçon. Le secrétaire de l'école n'a pu que leur répondre que Kyron n'avait pas été à l'école de la journée et avait en conséquence été marqué absent.

Après la disparition

Les zones boisées situées autour de la maison des Horman et de son école ont été inspectées par la police locale et ultérieurement par le FBI. Soixante-cinq détectives, soixante personnes spécialement entraînées ont été impliquées dans les recherches, auxquels s'est joint plus d'une centaine de volontaires. Kyron n'a jamais été retrouvé.

A partir du 10 juin, le FBI a été impliqué dans les recherches. Les agents ont interrogé des centaines d'élèves de l'école ainsi que leurs parents, pour tenter de lever le voile sur les allées et venues du garçon le matin de sa disparition. Kyron aurait été vu à 9 heures par un étudiant près de l'entrée sud de l'école, selon le shérif, mais les autorités du comté ont ensuite fait marche arrière sur cette déclaration.

L'enquête à propos de la disparition de Kyron est toujours en cours et aucune arrestation n'a jamais été faite. Il n'y a pas eu d'acte d'accusation contre la belle-mère Terri Horman après que le Grand Jury du Comté de Multnomah eut entendu l'affaire en 2010.


Répondant à une chaîne locale de télévision courant 2016, la mère biologique du garçon, Desiree Young, indiquait toujours soupçonner Terri Horman d'être impliquée dans la disparition de Kyron "Ouais, je crois qu'elle a fait quelque chose ce jour-là, elle n'a toujours pas révélé toutes les vraies choses qui sont arrivées le 4 juin." Elle déclare aussi "Et je pense que quand elle (...) accorde des interviews (...) continue de mentir et ne nous donne rien de quelque valeur, c'est un peu frustrant parce que nous sommes encore ici face aux conséquences de la vie au quotidien sans réponses et de vivre sans Kyron."

Sept ans après la disparition, en mars et avril 2017, des recherches discrètes ont repris dans un périmètre situé au delà de l'école Skyline, dans une zone composée d'habitations et de végétation. Les recherches ont continué durant l'été. Début août 2017, sur une autre chaîne de TV locale, le père de l'enfant déclarait être convaincu que la solution se trouvait dans le partage sur les réseaux sociaux, qu'en voyant la photo actualisée de Kyron, quelqu'un pourrait le reconnaître. Il déclarait "Il y a des chances qu'il soit toujours là, quelque part, alors nous ne pouvons pas arrêter ce que nous faisons, nous devons continuer à chercher." Kyron aurait maintenant 15 ans.

Sources : Wikipedia EN, ktvl.com, people.com, oregonlive.com, krem.com, koin.com
Images : Une photo postée par Terri Horman sur sa page Facebook montrant Kyron devant son projet pour l'expo-science du 4 juin 2010, portant un t-shirt 'CSI' avec lequel il a été vu pour la dernière fois - via oregonlive.com - Une photo du visage actualisé de Kyron - via kgw.com

3 février 2018

Affaire Maëlys : A quelle heure a été fait l'appel à la Gendarmerie ?


Dans l'affaire de la petite Maëlys, disparue fin août 2017 à Pont-de-Beauvoisin dans l'Isère, on peut constater une différence de 10 minutes entre l'heure donnée par le procureur de Grenoble pour l'appel à la Gendarmerie et celle donnée par la procureure de Bourgoin-Jallieu. ANALYSE.

A propos de la disparition de Maëlys, le procureur de la République de Grenoble a tenu une conférence de presse le jeudi 30 novembre 2017. Cette conférence de presse a été diffusée en direct sur BFMTV et il demeure sur Internet une vidéo d'une vingtaine de minutes dont voici le lien : Médiaplayer BFMTV

Au début de sa conférence de presse, Monsieur le Procureur indique l'heure d'appel à la Gendarmerie. Il déclare (à propos de Maëlys) "sa disparition a été signalée à la Gendarmerie à 3h50, le matin" (à 1:43 de la vidéo).
Compte tenu de l'heure à laquelle le suspect a quitté pour la dernière fois la salle polyvalente de Pont-de-Beauvoisin, qui serait de 3h55 d'après son avocat, et de l'information récurrente par laquelle celui-ci serait parti avant l'arrivée des Gendarmes, l'heure d'appel à la Gendarmerie est nécessairement importante.

Pourquoi dit-on que le suspect a quitté la salle à 3h55 ? 

Est-ce parce que son téléphone s'est ré-inscrit sur un relais à cette heure-là ? On a vu que cette piste n'existait plus. Est-ce que quelqu'un l'a vu quitter la salle précisément à 3h55 ? Cela ne semble pas être le cas. Est-ce parce que le procureur précise qu'il a quitté la salle à 3h55 ? Il n'est question que de caméra et d'activation du mode Avion consécutif.

Comme indiqué dans la chronologie de Disparue, cette heure de 3h55 semble logique dans la mesure où si, selon le Procureur de Grenoble, une caméra de Le-Pont-de-Beauvoisin l'a filmé seul au retour vers Domession à 3h57, on peut certes imaginer un temps de trajet d'une minute trente à deux minutes entre la salle et la caméra, mais sans aucune certitude quant à l'heure précise de son départ de la salle, qui pourrait être antérieur à l'appel de plusieurs minutes.

Vous avez demandé la Gendarmerie, ne quittez pas

Lors de sa conférence de presse du 30 novembre, le Procureur de Grenoble précisait "Depuis le début de l'instruction les enquêteurs et les juges se sont attachés à donner une chronologie précise de cette soirée et de cette nuit" (A 2:22 sur la vidéo BFMTV). On conviendra que le 29 août est plus proche du jour de la disparition de l'enfant que ne l'est le 30 novembre et qu'un élément de l'affaire aussi simple que l'heure d'appel des parents de Maëlys à la Gendarmerie ne devrait pas donner lieu à débat.



Au cours des premières semaines après la disparition, au sujet de cet appel un membre de la famille avait indiqué l'heure de 3h55. Pour mémoire, dès les premiers jours, on pouvait lire, par exemple sur LePoint.fr "Les convives encore présents l'ont cherchée pendant une heure avant d'alerter les gendarmes, à 3h57" a précisé Dietlind Baudoin (ndr. la Procureure de Bourgoin-Jallieu). Ou mieux "Lorsque la disparition de Maëlys a été signalée aux gendarmes, dimanche à 3h57 précisément (...)" sur 20minutes.fr. Ce qui représente une différence de 7 minutes avec l'heure donnée fin novembre par le Procureur de Grenoble. Mais ce n'est pas tout.

Alors que les sites d'infos rapportent les propres paroles de Madame la Procureure de Bourgoin-Jallieu lors de sa conférence de presse, celle-ci, oh surprise, ne dit pas du tout "3h57" mais précisément "La Gendarmerie a été avisée de la disparition inquiétante de Maëlys dès 4h du matin" (Vidéo de France 3). Elle est assistée d'un Lieutenant-Colonel, commandant de la section de recherches de Grenoble, et d'un Colonel, commandant du groupement de la Gendarmerie de l'Isère.

D'où vient cette différence de 10 minutes entre les deux Procureurs ? S'agit-il d'une erreur de transcription ? De l'heure à laquelle la Gendarmerie à répondu au téléphone ? Du côté des sites d'info, qui indiquent pour leur part 3h57, une partie de la solution est probablement donnée dans le texte de l'article de France3 associé à la vidéo : "Le premier appel concernant sa disparition a été reçu à 3h57". En tout état de cause, si plusieurs appels ont été passés, il subsiste une différence d'un minimum de 7 minutes entre les deux déclarations officielles.

Sans incidence réelle sur le fait que le suspect soit parti avant ou juste à l'arrivée des gendarmes, cette surprenante différence, dans le cas de problèmes de transcription, interroge sur les autres éléments qui ne peuvent souffrir d'imprécision.

(photo : Pexels.com)

28 janvier 2018

Affaire Maëlys : Cinq mois de questions


A la limite de l'Isère et de la Savoie, en compagnie de sa soeur plus âgée et de ses parents, une fillette de 8 ans et demi assistait fin août 2017 aux festivités du mariage d'un cousin de sa mère lorsqu'elle a soudainement disparu.

La petite Maëlys a disparu depuis cinq mois. Cinq mois que des questions demeurent sans réponse, cinq mois que cette nuit du 26 au 27 août est décortiquée par les enquêteurs et les internautes, nouvelles technologies numériques et partage de l'information obligent.

Cinq mois que l'attention se focalise sur un invité dont on dit qu'il ne l'était pas tout en l'étant malgré tout, dans une noce comprenant un nombre important de convives, presque 200 personnes, qui n'ont laissé filtrer durant ces cinq mois qu'une seule image extérieure dans un magazine à forte notoriété, celle de l'invité en question.

Mais qu'allait-il faire dans cette galère, cet invité mystère, qui se retrouve après cinq mois dans une spirale infernale de disparitions d'hommes dont l'âge varie, à la louche, de 20 à 50 ans ? Des questions précises lui seront posées par les enquêteurs à propos d'un certain nombre de cas récents ou plus anciens, situés dans plusieurs départements du sud-est du pays.

Qu'est devenue Maëlys ?

Pour enlever la fillette de 8 ans et demi, à une méthode basée sur la discrétion extrême et le passer inaperçu, le suspect, présumé innocent, aurait préféré la gesticulation, le contact visible avec Maëlys devant les parents et la babysitter, les allers et retours devant les invités, le démarchage de stupéfiants, voire une présumée altercation avec le père de l'enfant.

Ses déplacements sont rigoureusement minutés. Dix-huit minutes d'absence la première fois. Suivi de vingt-cinq minutes de présence à la salle. S'en suit une seconde absence du double de temps (36 mn) et au final le mode avion de son téléphone est, à quelques secondes près, activé quarante minutes. Au milieu de la nuit, trente-sept minutes se sont écoulées entre les deux passages devant les caméras (2h47-3h24). Aurait-il d'abord testé deux itinéraires ?

Cinq mois après le drame, dans une certaine confusion de témoignages et d'horaires, plusieurs moments-clés restent possibles pour la disparition de Maëlys. Depuis la mi-octobre 2017, une page/blog dédié collationne les informations en ligne sur le sujet pour établir une chronologie de l'Affaire Maëlys. Sans aveux, sans la moindre explication sur le mobile et surtout sans corps, la raison de la disparition de la fillette, cinq mois plus tard, reste particulièrement obscure.

Des détails troublants

Le 2 octobre 2017, dans un long article documenté (*), L'Express indiquait que vers 3h15 le marié aurait demandé à ce qu'on appelle le suspect au téléphone. Selon le site, vers 3 heures du matin (en fait probablement à 3h10), après avoir coupé la musique, le DJ avait annoncé au micro que la fillette était recherchée par ses parents. Si ce fait est exact, pourquoi le marié fait-il appeler cet invité suspect par quelqu'un d'autre que lui ?

Le suspect est un ami ou au moins une de ses relations, n'a-t-il pas son numéro de portable ? Ce n'est vraisemblablement pas un inconnu qui était présent durant une longue période de temps à son repas de mariage ! Et qui est la personne qui a tenté de le joindre ? De plus si cet ami ou cette relation qu'est le suspect est vraiment soupçonné à ce moment d'avoir enlevé Maëlys, pourquoi, lorsqu'il revient à la salle (juste après 3h26 selon le procureur) ne pas l'avoir hélé, voire fait asseoir pour lui poser des questions ?

Peut-il être soupçonné et qu'on ne lui adresse pas la parole ? Au sein d'une fête familiale ? Il y a ici une sérieuse interrogation. L'effectivité de la disparition semble être admise à 3h30. La maman de la fillette l'aurait croisé lors des recherches. S'il s'était absenté auparavant, durant près de 3/4 d'heure, cette rencontre ne peut s'être déroulée qu'entre 3h27 et l'arrivée des gendarmes. Or, durant ce temps-là, il continue d'aller et venir à sa guise au sein de la famille. Serait-il resté plus longtemps si les gendarmes n'avaient été contactés que bien après ? Selon le procureur, ceux-ci ont été appelés à 3h50. Auparavant, un membre de la famille indiquait 3h55 sur un réseau social.

L'article de L'Express du 2 octobre indiquait aussi qu'un téléphone du suspect avait été de nouveau localisé à 3h55 dans la zone de la salle. Ce détail peu compréhensible alors s'est éclairci depuis et il apparaît maintenant que l'heure de 3h57 correspond à la fois au dernier passage du propriétaire de l'Audi A3 devant les caméras de Pont-de-Beauvoisin (Savoie), à une nouvelle activation du mode avion de son téléphone juste après (+5 sec) et à l'arrivée des gendarmes à la salle polyvalente.

En raison des développements réguliers autour du suspect plus que par une véritable avancée dans l'enquête, l'Affaire Maëlys fait partie de l'actualité depuis cinq mois. Ainsi, la petite fille n'est-elle pas oubliée. Ceci étant, cinq mois plus tard, une question essentielle n'a toujours pas eu de réponse : A quelle heure Maëlys a-t-elle été vue pour la dernière fois ?

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(*) Il s'agit de l'article dans lequel figure dès cette date la mention d'un contact à l'extérieur de la salle entre la fillette et le suspect, celui-ci lui intimant ensuite de rentrer par une autre porte que celle qu'il emprunte. Ce détail intéressera seulement les autres sites après qu'une importante chaîne d'infos en continu l'ai repris en janvier 2018.

7 janvier 2018

Maëlys, Alexia, Célia et Christophe, trois disparitions en 3 mois



La disparition de Maëlys, le meurtre d'Alexia Daval, les disparus de l'Ariège. Trois affaires non résolues en seulement trois mois, trois faits-divers comportant une troublante géographie entre les disparus.

Fin août 2017, une fillette disparaît lors d'une fête de mariage en Isère. Deux mois et une journée plus tard, fin octobre, une jeune femme disparaît en faisant son jogging en Haute-Saône. Un mois après cet événement (toujours à la fin du mois), un père et sa fille s'évanouissent en Ariège. Trois affaires sans lien apparent.

Concernant le cas d'Alexia Daval, on peut lire, en majorité :

- La jeune femme de 29 ans, originaire de Gray (Haute-Saône)
- La jeune femme a disparu le 28 octobre à Gray
- le corps avait été retrouvé le 30 octobre dans un bois près de Gray (Haute-Saône)
- et cela inquiète les habitants de Gray, ville dont la jeune femme est originaire

et on trouve quelques :

- Enquête - Gray-la-Ville. Meutre d'Alexia Daval
- La jeune femme est partie à 9h30 de son domicile à Gray-la-Ville
- Madame Daval Alexia, née (le nom), de Gray-la-Ville - pour faire son footing...

ou encore :

- alertait le maire de Gray (Haute-Saône), à proximité de Gray-la-Ville

Ce qu'il faut comprendre c'est que Gray et Gray-la-Ville sont deux communes distinctes, qui sont voisines certes, mais avec chacune son maire et son code Insee. On peut à cette occasion se remémorer l'Affaire Maëlys, dans laquelle la disparition de la fillette se produit au Pont-de-Beauvoisin en Isère, et que le suspect, pour aller à son domicile, passe et repasse devant les caméras de Le-Pont-de-Beauvoisin, commune limitrophe située en Savoie.

A propos d'Alexia Daval, une recherche plus poussée permet d'observer que la malheureuse jogeuse de 29 ans habitait précisément à Gray-la-Ville.
Coïncidence ou hasard, la jeune disparue de l'Ariège, Célia Orsaz (18 ans) avait quant à elle passé le bac au Lycée Cournot de Gray au printemps dernier. A cela on peut ajouter une précision géographique, seulement 300 mètres séparent le domicile d'Alexia (révélé par certains médias) du Lycée où Célia était scolarisée avant de partir poursuivre ses études à Toulouse.

On ne peut bien entendu rien déduire de plus de cet élément factuel. Sans autres indices concordants, il s'agit d'un hasard géographique.
Disparu avec sa fille, on peut lire du père de Célia, Christophe Orsaz (46 ans et divorcé) qu'il est "amateur de randonnées" et même "un fanatique de randonnées en montagne". Il est présenté un peu partout comme "originaire de Haute-Saône". Pourtant, avec peu de recherche on trouve la page "Copains d'Avant" d'un certain Christophe Orsaz, âgé de 46 ans "accompagnateur en moyenne montagne" qui indique (à ce moment-là) vivre à Pontarlier, être séparé et avoir un enfant.

Après l'enlèvement de la petite Maëlys 9ans, on a appris que la maman de la fillette travaillait à Pontarlier, dans le Doubs. Un autre hasard géographique, qui n'est sans doute ici qu'un détail dans une affaire où les horaires sont les éléments principaux.
Ce qui ressort de cette cette page Copains d'Avant c'est qu'elle indique que Christophe Orsaz (s'il s'agit bien de la même personne, évidemment) a effectué sa scolarité en Isère depuis l'âge de 3 ans. 
Et dans ce département, plus spécialement à La-Tour-du-Pin, ville qui se trouve seulement à 19,3 Km de Pont-de-Beauvoisin par la D1006, cette route le long de laquelle se trouvent à la fois la fameuse station de lavage et les non moins connues caméras situées devant l'opticien-lunetier.

Il y a presque 35.500 communes en France. Constater de telles coïncidences géographiques entre les disparus de ces derniers mois apporte une dose supplémentaire de mystère.

(photo Pexels.com)

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