Marilyn Bergeron est partie sans laisser de trace. Juste avant de disparaître, ses parents l'ont aidée à vider l'appartement de Montréal où elle habitait, pour qu'elle puisse revenir vivre chez eux, à Québec. Et, quelques heures à peine après son retour, elle leur dit qu'elle partait "se promener" et ils ne l'ont pas revue depuis.
Venus du Nord-Est du Québec, les parents de Marilyn Bergeron déménagent en 1998 pour venir vivre dans le quartier Loretteville de La Haute-Saint-Charles, avec leur fille, alors adolescente. Née en 1983, Marilyn est devenue ensuite une jeune femme ouverte et attirée par toutes les cultures et toutes les nationalités. Elle montre aussi un vif intérêt pour la musique et les langues.
En dehors du français, sa langue maternelle, Marilyn parle couramment l'anglais, un peu d'espagnol et commençe à apprendre le
russe. Son ambition étant de devenir hôtesse de l'air et de déménager quelques années plus tard dans l'Ouest canadien, elle reste à Montréal.
Un changement soudain
Le vendredi 15 février, accompagnée de ses parents, Marilyn Bergeron revient dans son appartement à Montréal pour emballer ses affaires, et passe ensuite la soirée avec des amis. Le samedi 16 février, la jeune femme et ses parents terminent le déménagement et retournent à Québec. Le lendemain, dimanche 17 février, il est autour de 11h15 quand Marilyn dit à ses parents qu'elle va se promener.
Habillée d'un long manteau noir bordé de fausse fourrure grise et chaussée de bottes en daim, elle prend son sac à dos noir en bandoulière et quitte la maison en emportant seulement sa carte de crédit, laissant ses papiers d'identité. Peu après, la jeune femme s'arrête dans Loretteville à un distributeur automatique de la Caisse populaire, boulevard de l'Ormière, pour tenter de retirer 60 dollars canadiens, sans succès.
Les images prises au moment par la caméra de sécurité montrent qu'elle est inquiète. Elle semble guetter quelque chose ou quelqu'un en dehors du sas durant sa demande de retrait d'argent. On la voit regarder derrière elle à plusieurs reprises.
Dans l'après-midi du dimanche 17 février 2008, Marilyn se trouve sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à plus de 20 kilomètres au sud de la maison de ses parents. Dans le centre commercial de Saint-Romuald, proche d'échangeurs autoroutiers, elle commande une tasse de café au Café Dépôt. Elle paye avec sa carte de crédit à 16h03. L'employé déclarera que la jeune femme qu'il avait servie semblait déprimée et impatiente de partir. La carte de crédit de Marilyn Bergeron n'a pas été utilisée depuis.
Développements ultérieurs
En novembre 2017, pratiquement dix ans après la disparition, un ami d'université qui était allé voir Marilyn début décembre 2007 a pris la parole lors d'une conférence de presse organisée par les parents de la disparue. Le 10 décembre 2007, il reprend contact avec Marilyn à Montréal et vient chez elle. Le jeune homme constate alors qu'elle n'est plus la même. La jeune femme joyeuse et optimiste qu'il avait connu a laissé place à une fille abattue écoutant de la musique dans le noir.
Ils sortent ensemble pour se rendre à une fête et l'humeur de Marilyn s'améliore quelque peu. Pourtant, après avoir parlé à l'une de ses amies, la jeune femme redevient soudainement anxieuse. La conversation
a-t-elle ravivé un souvenir désagréable ? En tout état de cause, elle demande au garçon pour rentrer chez
elle. Et lorsqu'ils sont de retour à l'appartement, les choses ne s'arrangent pas, l'humeur de Marilyn se détériore et elle se met à pleurer, pleurer. Le jeune homme ne sait que faire.
Finalement, il lui demande si elle a été violée ou
bien si elle a été le témoin d'un meurtre mais elle nie catégoriquement cela. Marilyn lui dit qu'il s'agit de quelque chose de pire, tout en refusant de préciser quoi. Le jeune homme insiste durant plusieurs heures. « Tu ne peux même pas imaginer ce que j'ai vécu,
Jo », lui dit finalement Marylin. Elle ne sera pas plus loquace quelques semaines plus tard avec ses parents, qui récupèrent une fille triste et renfermée sur elle-même. La maman retrouve sa fille épuisée et pleurant beaucoup, affirmant ne pas vouloir retourner à Montréal sans vouloir dire pourquoi.
A-t-elle assisté ou participé à quelque chose ? Elle dit que non. Avait-elle été imprudente ? Etait-elle enceinte ? Des amis douteux auraient-ils eu une mauvaise
influence sur elle ? Elle est partie sans révéler son secret.
Les derniers éléments
Dix mois après la disparition de Marilyn Bergeron, par une nuit froide et pluvieuse de décembre 2009, un couple est réveillé à 2 heures du matin par des coups frappés à la porte. Il réside à Hawkesbury dans l'Ontario, une ville située juste en face de la province de Québec, de l'autre côté de la rivière (ndr. en direction de l'Ouest canadien). L'homme ouvre et découvre une jeune femme en pleurs et qui grelotte. Vêtue uniquement d'une veste légère, d'un t-shirt blanc, d'un jean et de talons hauts, des vêtements inadaptés à la saison, elle était teinte en blonde. Cependant on dispose de photos montrant Marilyn Bergeron avec différentes coiffures. La jeune femme leur demande simplement pour utiliser leur téléphone afin d'appeler quelqu'un dans cette ville. Le couple lui donne une serviette pour se sècher, elle arrête de pleurer et passe son appel, sans obtenir de réponse. La jeune femme demande ensuite son chemin pour se rendre à une adresse dans une rue voisine et, bien que l'homme lui propose de l'y conduire, elle refuse, disant qu'elle va s'y rendre à pied. En tout et pour tout, elle sera restée 10 à 15 minutes.
Quelques jours plus tard, en janvier 2010, un enquêteur privé s'intéressant à l'affaire est contacté par un homme affirmant avoir vu Marilyn au cours de l'année 2009. Il déclare l'avoir vue régulièrement à Hawkesbury. Pour lui, Marilyn s'était installée dans la ville avec un homme plus jeune qu'elle et aurait plusieurs fois déménagé. Après que l'enquêteur privé ait montré sa photo à des clients réguliers d'un restaurant du centre-ville, plusieurs ont à leur tour déclaré l'avoir aperçue, en compagnie d'un homme.
| L'autoroute passant près du Café Dépot mène à Montréal et vers Hawkesbury |
Bien que située dans la province anglophone de l'Ontario, un recensement de 2006 montre le français comme étant la langue maternelle de 77 % de la population de Hawkesbury, il s'agit au moment la proportion la plus élevée au Canada.
Marilyn Bergeron aurait-elle souhaité échapper à une situation ou à une emprise ? Aurait-elle surtout voulu quitter son appartement sans pour autant renoncer à son envie d'aller dans l'ouest canadien ? Après avoir bu son café au Café Dépot, se dessinerait le scénario d'une jeune femme retournant vers Montréal, et au delà.
Photo : Ext. du flyer
Sources (notamment) : https://en.wikipedia.org/wiki/Disappearance_of_Marilyn_Bergeron,
https://web.archive.org/web/20180208124005/http://journalmetro.com/actualites/national/1091324/marilyn-bergeron-recompense-portee-a-30-000/,
https://web.archive.org/web/20180208004505/https://www.ctvnews.ca/canada/quebec-woman-missing-since-2008-reports-of-43-possible-sightings-since-february-1.3672525,
https://web.archive.org/web/20180209122246/https://www.lesoleil.com/archives/disparition-de-marilyn-bergeron-recherches-vaines-a-hawkesbury-a89127a38010395f72ef72e200e68781, https://web.archive.org/web/20180208004550/http://findmarilyn.charbonnel-bergeron.com/en/facts/, https://www.journaldemontreal.com/2022/10/28/la-famille-de-marilyn-bergeron-rencontre-les-medias-1
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